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Carnet artistique et pédagogique Salvador

de Suzanne Lebeau

Carnet mis à jour en mars 2023.

Carnet pédagogique rédigé par Alexandra Bellon, professeur des écoles et Emmanuelle Dupin professeur de français
Recherches documentaires : Alexandra Lazarescou

Salvador est un enfant sud-américain qui grandit sous l’œil protecteur de sa mère. À l’ombre de la montagne, foyer de révolte qui lui vole son père, l’espoir et le rêve le porteront vers un destin exceptionnel.

L’autrice Suzanne Lebeau revient transformée d’une tournée en Amérique du Sud. Sa rencontre avec les enfants, leurs regards étincelants et pleins de vie aura été prépondérante. Après 9 ans elle écrira cette pièce, inspirée d’un garçon qui l’a particulièrement marquée, et qui deviendra Salvador.

Cette pièce traduite en anglais, espagnol, italien et persan, révèle des valeurs universelles autour du rôle de la famille et l’émancipation par l’école.

Ce carnet s’adressera plus particulièrement à des classes de cycle 3 et de début de collège (6ème / 5ème). Aussi, parmi les multiples entrées offertes par ce texte, nous avons choisi d’orienter notre recherche sur l’éveil des sensibilités et des consciences.

« Les enfants ont une connaissance instinctive des vrais enjeux » 
Suzanne Lebeau

L’autrice

Suzanne Lebeau est née en 1948, au Québec. Après des études de lettres et de pédagogie, elle devient comédienne. En 1975, elle fonde avec le metteur en scène Gervais Gaudreault, la compagnie de théâtre pour la jeunesse Le Carrousel pour laquelle elle écrit son premier texte en 1979. Depuis, plus de vingt pièces sont parues, toutes destinées à la jeunesse, dont certaines traduites dans plusieurs langues. Les éditions Théâtrales ont publié 10 textes de Suzanne Lebeau. Le Centre national des écritures du spectacle lui a consacré une monographie dans la collection « Itinéraire d’auteur » en 2002.


Extrait d’un article de Annie Quenet, « Suzanne Lebeau, l’humaine humanité », revue Griffon, mai-juin 2009.

I. Cheminer au cœur du texte

A. Introduction

Entrer dans un univers

Nous proposons de commencer par une lecture offerte du Souvenir 1 jusqu’à « baptiser » ; dans des conditions de relaxation / musique péruvienne / les yeux fermés.

Donner envie de lire

En guise de mise en appétit, nous proposons de donner aux enfants la table des matières (écrite au tableau, sur une affiche, par rétro projection, sur tableau numérique…).

En groupe, les élèves seront invités à émettre des hypothèses sur l’histoire en argumentant, à partir des mots du texte.Individuellement, on amènera chacun à relever un mot essentiel dans cette table des matières et à dire quel est le chapitre qu’il a le plus envie de lire ? Pourquoi ? De quel type d’écrit peut-il s’agir ? Argumenter.

Qu’est ce qu’un bon souvenir ?

Proposer une « tempête de cerveaux » par association libre d’idées à partir du mot, « souvenir ».

Recherche par petit groupe d’élèves et présentation par chaque groupe d’une affiche en forme de constellation.

En groupe-classe, proposer ensuite de rassembler certains mots ou thèmes communs pour dégager le concept, définir le mot.

Exemples de ce qui pourrait surgir :

  • souvenirs bons ou mauvais ;
  • perception de la durée et du temps, changeants entre le moment vécu et le souvenir qu’on en a ;
  • nostalgie ;
  • oubli / rajout (enjoliver son souvenir, « se la raconter » comme on dit aujourd’hui… être dans un récit fictionnel) ;
  • cadeau-souvenir ;
  • mémoire / pensées ;
  • secret / partage ;
  • personnes âgées, souvenir de la guerre (= Histoire, passé commun) ;
  • voyages / visages / paysages / chansons ;
  • les 5 sens du souvenir : vue / goût / odorat / ouïe / toucher.

Puis, chercher dans le dictionnaire le sens, la définition du mot « souvenir » et du verbe « se souvenir. »

Découverte du livre

Offrir le texte. Nous utilisons sciemment le mot « offrir », conscientes que l’objet-livre, parfois banalisé et « malmené », dans les écoles, pourrait être présenté de manière un peu « solennelle ».

Présenter le texte : il s’agit d’une pièce de théâtre mais il y a en effet dans la table des matières plusieurs critères qui peuvent faire penser au roman (épicisation).

Ce texte théâtral n’est ni organisé en scènes ou en actes, ni en chapitres comme dans un roman mais en souvenirs.

Les souvenirs sont numérotés de 1 à 20 et suivent l’ordre chronologique de la vie du héros.

Approche sensorielle du livre :

  • couverture ;
  • toucher, grain du papier ;
  • choix des typographies ;
  • poids ;
  • quels avantages du livre par rapport à l’e-book ?

La couverture (ouvrir pour voir la composition complète)

L’illustration de toutes les couvertures de la collection jeunesse des éditions Théâtrales est une composition/maquette de ballons de baudruche.
Il serait intéressant de demander aux élèves de faire une recherche sur cette collection dans leur bibliothèque municipale, de quartier, la BCD, bibliothèque de classe. Ce sera l’occasion de clarifier les notions d’auteur/éditeur/collection.
On pourra ainsi comparer plusieurs couvertures afin de mieux comprendre les choix du maquettiste dans cette composition « abstraite ». (Voir la valise « théâtre »dans plan pluridisciplinaire).

Quelles couleurs pour les ballons ?

  • Couleur orange (couleur dite chaude) pour la mangue
  • Le bleu, couleur dite froide (penser à l’utilisation universelle du bleu pour l’eau froide des robinets) Couleur associée souvent aux petits garçons, qui représenterait Salvador ? Bleu du ciel ? Évocation de la mère / mer.
  • Un bleu évoquant le calme et un orange énergique.
  • Orange et bleu, sont des couleurs dites complémentaires c’est-à-dire opposée sur le cercle chromatique. Fortes en contraste, elles se mettent en valeur l’une l’autre (cf le tableau « Impression au soleil levant de Claude Monet).
  • La mangue : un fruit qui pousse même dans les pays où il y a la sécheresse « Les mangues ont la couleur de l’or qui n’a pas encore été lavé » « Le goût divin de la mangue » « Mangues belles, grosses, odorantes et sucrées » (p. 21)

Quelles formes ?

Il y a un jeu d’ombre. On voit par transparence l’embout du ballon bleu comme s’il était dans le ballon orangé foncé contenu par le ballon orange clair.
Cette forme semble évoquer un embout « embryon » ou un cordon ombilical. Métaphore de la naissance ou de la graine, du fruit.
On peut imaginer que le ballon orange prend son envol par rapport au ballon bleu… comme Salvador qui se détache de sa mère et grandit.

Regard sur un souvenir : le Souvenir 1

Nous proposons de plonger au cœur du texte avec le Souvenir 1 pour s’imprégner de la beauté de l’histoire et d’étudier, ensuite, le sens des didascalies (récit/voix-off).

Lecture à haute voix du Souvenir 1 en entier.

Le titre

Titre énigmatique : « Le jour de ma naissance les cloches n’ont pas sonné. »
Se souvient-on du jour de sa naissance ? Ce souvenir n’est-il pas un souvenir d’autres membres de la famille rapporté aux oreilles de Salvador ? Dans ce cas, quelle est la différence entre le souvenir de son propre vécu et les légendes familiales, la manière que l’on a de romancer ses souvenirs ?
Pourquoi les cloches n’ont-elles pas sonné ?

Le style

C’est une description poétique : on relève de nombreuses images de la nature et du sentiment : « les nuages qui attristent le cœur des gens », « Être dans les montagnes c’est être juste sous le soleil et le ciel » ; une personnification de la nature : « La montagne est habile à geler jusqu’à l’âme »

C’est aussi un récit brut où l’on sent la dureté de la vie : « il ne pouvait pas être le père d’un bébé aussi laid… »
On peut noter l’autodérision : « j’étais à peine plus gros qu’une petite patate » ; et un ton humoristique : « on lui a dit qu’elle avait accouché d’un cochon d’Inde ».

Le personnage de Salvador

Dès sa naissance, on comprend que l’histoire de Salvador sera celle d’un destin particulier. Que son histoire sera différente des autres, de celles de ses frères et sœurs.
Sa naissance fut perçue comme « un grand malheur », une punition : « elle avait dû faire une faute ». Le malheur avait frappé la famille.
Salvador est né en avance, fragile, faible : ma mère « avait toutes les raisons de croire que je ne ferais jamais rien de bien dans la vie ».

Cela peut conduire à une réflexion sur la fatalité, l’idée d’un destin tracé au départ. Les moments difficiles renforcent-ils ?

Réflexion également sur la normalité (petit, poilu). Ce qui est inhabituel, pas ordinaire, extraordinaire est-il grave ? Pourquoi l’inconnu fait-il peur ?

On comprend dès les premières pages le caractère altruiste de Salvador. Il a la volonté d’aider les autres, du meilleur de son être, comme si tout était possible en dépit d’une naissance hors du commun.

Si les élèves ont déjà étudié un conte, il serait intéressant de mettre avec eux en évidence que l’histoire de Salvador contient des ingrédients qui peuvent se référer à une structure de contes. (cf bibliographie La Psychanalyse des contes de fée, Bettelheim)

D’abord une menace est dirigée contre l’existence physique du héros, ou contre son existence morale. Puis le héros enfant ou adolescent est soumis à des épreuves, qui sont les véritables nœuds de l’intrigue : notamment l’épreuve de la séparation.

La plupart des contes de fées commencent en effet par la séparation, qui revêt plusieurs facettes se combinant entre elles.
Elle est souvent représentée par la mort d’un parent : la mère de Cendrillon, le père de Blanche-Neige ou par le départ de l’enfant, soit parce que celui-ci est abandonné par ses parents ou par un tiers (Le Petit Poucet, Hänsel et Gretel, Blanche-Neige), soit parce qu’il fuit une situation impossible (Peau-d’Âne).

On note que dans l’histoire de Salvador c’est celle du père : rejet à la naissance (peur de l’abandon) puis mort du père, qui le contraint à devenir l’homme de la famille à 7 ans (Souvenir 16 p 59).

Quelle que soit sa nature, la séparation équivaut, selon Bettelheim, à la « nécessité de devenir soi-même ».

Nous parlerons aussi de la peur, la mort et la recherche de l’amour.

En filigrane sont ainsi révélés les deux moteurs de l’action des héros : la peur de la mort et la recherche de l’amour.
Le bonheur et l’amour sont une récompense.
La plupart des contes finissent toujours par récompenser le héros. Les enfants abandonnés retrouvent la maison familiale où ils rentrent chargés des richesses qui leur éviteront à jamais des mésaventures. C’est grâce à la générosité de Bianca Albacarra que Salvador pourra poursuivre ses études.

Il est possible de montrer que les épreuves sont différenciées selon le sexe du héros.

Attendues, les épreuves le sont aussi en fonction du sexe du personnage principal.

Le voyage, comme pour Salvador, est une marque de l’apprentissage de la virilité. De nombreux contes présentent un jeune garçon qui va parcourir le monde, à la conquête d’une femme, du trône, ou tout simplement pour apprendre la vie.

La mère aimante

Dès ce premier souvenir, on note l’importance de la mère de Salvador, qui se confirmera tout au long de la pièce.
Avec une croyance alliée à une ténacité et une volonté de fer, la mère livre une bataille contre la montagne et l’hiver pour sauver son fils. Elle lutte contre le froid, le masse, prend soin de lui.
Cette mère qui affronte, qui se bat contre la montagne. La montagne peut « geler l’âme » mais sa mère est plus forte. Elle a juré qu’aucun de ses fils ne mourrait avant elle. La mère est vue comme une adulte expérimentée et réaliste « qui devait savoir que les choses ne se font pas aussi facilement ». Salvador nous parle d’un savoir acquis par l’âge et l’expérience.

Les considérations du bien et du mal fondent les religions et les valeurs qui s’y rattachent. Il est intéressant de connaître les fondements des religions pour ne pas être dans l’ignorance ou l’incompréhension et pour plus de tolérance.
La croyance : « elle avait dû faire une faute très grave pour qu’un si grand malheur arrive». Notion de faute qui ramène au péché, à la punition. Le bien/récompense, le mal/punition. D’ailleurs le curé a refusé de sonner les cloches… Idée qu’on mérite ce qui nous arrive (?).

Le père

Ainsi on comprendra mieux que le père ait eu peur de Salvador. Pour lui ce fut comme une sanction divine. Il n’est pas un mauvais père. Il réagit en fonction de sa croyance.
On pourra aussi développer les idées suivantes :

  • la coutume de présentation au monde du bébé à la naissance qui montre l’importance des rites dans cette culture.
  • « Si j’étais son fils légitime… » et « il croyait secrètement qu’il ne pouvait pas être le père… » On expliquera le mot « légitime ».
  • l’idée d’une sagesse du temps. Attendre. « En homme de la montagne, il a attendu en silence ».

Sur ce dernier point, il serait intéressant de développer l’idée qu’il y a des hauts et des bas dans la vie de Salvador, comme dans tous les chemins de vie. On pourra faire un travail possible sur des expressions de la langue française qui illustrent ce caractère cyclique en comparaison à la nature :

  • Laisser passer l’orage ;
  • Après la pluie le beau temps ;
  • Petite pluie abat grand vent etc.

Pour finir, nous proposons d’offrir la lecture à haute voix d’un conte traditionnel chinois (cf annexe).

Le sens des didascalies : expliquer Récit / voix off

Un texte théâtral

Étude de la liste des personnages

11 personnages ou 12 car il y a deux Salvador (l’enfant et l’adulte)
La compréhension du choix par S. Lebeau d’un personnage action et d’un personnage récit est primordiale. Cf Épicisation.

Type de texte

Cette liste de personnages nous permet de comprendre qu’il s’agit d’un texte théâtral.

Cela est confirmé par le paragraphe en bas de page : « La pièce a été créée… » à propos de la première représentation de la pièce, par le Théâtre du Carrousel.

B. Les souvenirs de Salvador

Différents axes sont possibles :

L’émancipation par le savoir :

Il est possible de demander aux élèves de choisir quelques phrases dans l’ensemble du texte qui montrent le chemin et le choix de vie de Salvador.

Les rencontres décisives

Enrique, Bianca Albacarra, Alvaro

Le rôle de la mère

Elle offre un possible, elle offre la liberté. Salvador reste libre d’accepter de partir ou non. « Benedicta si fière avait quêté un avenir pour son fils » p. 68
Elle partage elle-même son savoir, transmet aux autres femmes sa science des taches, son savoir-faire. Dès le Souvenir 2, on souligne l’omniprésence des draps, qui offrent une possibilité de scénographie simple (cf mise en jeu).
Elle chante, elle est gaie et légère malgré la difficulté.
Elle est croyante. Elle se lève à l’aube et salue le soleil.
Cet astre est très important au Pérou. Nous pouvons renseigner les élèves sur l’Inti Raymi ou fête du soleil. Cette fête est à nouveau célébrée depuis 1940 et connait une ampleur étonnante.
Dès le début du livre, Suzanne Lebeau rend hommage au rôle de la mère dans la dédicace « A ma mère, pour la vie et le goût de vivre »

Les 5 sens

Par cet axe nous pouvons relier la poésie de la langue du texte (imaginaire suscité par la mémoire des sens) et le théâtre où la fiction a force de réalité)

Les 5 sens dans les souvenirs de Salvador

C. Ce qui n’est pas dit : « l’entre-les lignes »

Les titres dans la table des matières

La différence entre un roman et une pièce de théâtre.
Pour cette mise en commun nous proposerons une méthode que nous appellerons « ce qui n’est pas dit ». Elle doit permettre aux élèves d’avoir un regard critique sur l’écrit, essentiel aujourd’hui quand on sait que tout peut être écrit sur internet sans réelle instance de contrôle.

En quoi cette table des matières est-elle originale ? Qu’est ce qui en fait sa spécificité. Quelle est la part de liberté et de création de l’auteur dans la forme standardisée qu’est la table des matières. L’originalité et l’hétérogénéité de ces titres pourront conduire les enfants à penser que le texte sera un roman. Cf épicisation. Dans le théâtre contemporain, l’écriture peut être empreinte des procédés du récit. Trouver ensemble une définition du théâtre et une du roman.

II. Mise en voix / Mise en espace

Quel espace ?

Il nous semble important que l’atelier de théâtre se déroule dans un espace différent de celui de la classe habituelle (Couloirs, escaliers, gymnase…)

Si les réalités matérielles ne le permettent pas, on peut rester en classe en aménageant une mise en scène et un rituel qui marque le début et la fin de l’atelier.
L’espace pourra être modifié avec :

  • un dégagement de quelques tables et chaises
  • un tissu qui couvre le tableau
  • un tissu tendu ou un paravent pour délimiter un espace de mise en jeu.

Se donner la liberté de vivre autrement l’espace : les élèves peuvent s’asseoir sur les tables ou l’enseignant se positionner en fond de classe, etc.

Si vous disposez d’une salle, les déplacements peuvent être l’occasion de tapis sonores (cf mise en voix du carnet Son parfum d’avalanche de Dominique Paquet)
Cela constitue une bonne introduction à l’atelier tout en optimisant ce temps, parfois agité, en concentration, ensemble.

Quelle mise en condition ?

Un rituel de début et de fin pourrait être :

  • un son de cloche (évoquant la renaissance de Salvador), une musique péruvienne ?
  • un cercle d’échange, de paroles

Nous retiendrons trois pistes principales de recherche pour les mises en voix, espace et en jeu :

  • l’alternance récit / action : alternance du conte et des scènes de vie quotidienne
  • les 5 sens à développer dans le jeu
  • l’appui sur la manipulation des draps et des objets

A. Mise en voix

Pour ce travail qui mélange récit et action, nous pensons, avec Marie Bernanoce (dans À la découverte de cent et une pièces) qu’un premier travail de mise en voix permettra de bien distinguer les deux niveaux de jeu sur scène. Cela aidera à la compréhension :

  • produire des gestes simples, deux, trois : geste/souffle ;
  • même travail à deux, à partir de phrases et tensions du texte , exemple: se séparer/ se retrouver ;
  • introduire les personnages avec geste, souffle, tension. Une tension pour chaque personnage.

Le « geste de dire » du conteur

L’adresse

Pour le conteur : avec les bons lecteurs du cycle 3 ou les collégiens, il sera possible de travailler l’adresse au public. Le texte en main, le conteur lit et retient la phrase (ou un morceau de phrase) puis l’adresse au public en le regardant.

L’alternance paroles et silences

Sensibiliser les enfants aux rythmes créés par les silences. Jouer à s’interrompre au milieu d’une phrase, attendre avant de commencer une phrase. Prendre le temps de regarder le public sans rien dire.
En tâtonnant les élèves verront un sens se dégager par cette attention à la diction et choisiront des coupes expertes qui mettront en valeur certains mots ou expressions.

Paroles et dialogue

Travailler les voix mêlées, l’écho : le texte est une partition

Choisir une phrase du texte, la mâchouiller, la dire en variant la hauteur, la durée, l’intensité ci joint exemples sur le Souvenir 1: « Je suis né dans les montagnes à l’ombre des eucalyptus juste sous le soleil et le ciel. », « Le curé a refusé de sonner les cloches qui saluent les naissances dans mon village » et « Elle s’est battue avec la mort jusqu’au printemps » (pp. 7 et 8).

Adresser cette phrase à un autre en le regardant bien dans les yeux, avec enthousiasme, de manière désespérée, craintif, en étant plein d’espoir.

Même phrase avec un accent espagnol ou des déformations anatomiques (langue tirée, zézaiement).

Jeu du haut-parleur

En cercle. Groupe de deux enfants, l’un derrière l’autre. Un enfant chuchote une phrase qu’il aime à l’oreille de son partenaire qui la donne à entendre amplifiée, tel un haut parleur.

Puis proposer une représentation devant une partie de la classe. Chaque petit groupe devra s’emballer dans un drap (caché, rien de doit apparaître). Les élèves disent tour à tour leur phrase à haute voix, puis découvrent progressivement leurs visages. Cet exercice met en valeur le texte et l’intention dans la manière de dire.

B. Mise en espace

Développer la capacité à percevoir ses sensations kinésiques

Marche : varier les appuis et le rythme

Après chaque exploration, revenir à une marche ordinaire pour sentir la différence.

Marche avec une imprégnation des mots du texte, des intentions

« Vaillante » (p. 9), « discrète » (p. 13), « radieuse » (p. 19) pour le personnage de Benedicta, par exemple.

Marche / mouvements à l’évocation de phrases du texte, par exemple« sur la pointe des pieds, je sortis par la porte » (p. 26)

Reprendre a) b) c) par petits groupes de 3 ou 4 enfants. En file indienne, le premier propose une marche ou une marche/mouvement qu’il a trouvé. Les autres suivent en tentant d’être le plus ensemble possible. Idée d’une famille nombreuse « Être le sixième d’une famille de huit » (p. 11)
Interchanger les places. L’expérimentation peut donner lieu à un temps de présentation.

Le jeu du sculpteur

On pourra constituer deux demi-groupes. Un premier groupe subdivisé en deux : un élève est la sculpture à modeler, l’autre est le sculpteur. L’autre demi-groupe constituant les spectateurs, visiteurs de musée.
Les sculpteurs tirent au sort un état à modeler. La peur, la tristesse, la joie. Les sculptures prennent une posture et le sculpteur ajoute, complète, tord…
Les visiteurs, eux, assistent au modelage, assis en tant que spectateurs. Puis l’enseignant donne la liste de tous les états représentés. Lorsque les sculptures sont terminées, les spectateurs déambulent dans le musée afin d’observer et deviner l’état représenté.
Les rôles sont changés ensuite.

Cet exercice est complet car il permet de travailler l’acceptation du toucher et du regard de l’autre. Il place l’élève dans une attitude réflexive au langage du corps.

On peut aussi répartir les élèves et leur faire choisir de travailler une scène à partir de la technique :

  • vocal / verbal / sonore / musical.
  • le geste : inventer un langage ensemble, mouvements répétitifs en chœur…
  • l’espace des corps entre eux, où sont le conteur et l’acteur / Faire varier la scénographie avec les draps…

Avec Philippe Meirieu, nous pensons qu’il s’agit de mettre en pratique le fait que le théâtre est un acte de création et que tout est symbolique. On ne dit pas n’importe quoi, on raconte quelque chose. Il faut sentir le poids des gestes et des mots

III. Mise en jeu

Le théâtre est une école de lucidité.

  • Utiliser les techniques du théâtre d’ombres pour les souvenirs.
  • Le tableau de l’action peut se figer quand le conteur parle ou bien être vivant. Si le tableau est vivant et se déroule pendant la narration, il sera intéressant de travailler le mime et le geste quotidien (cf bibliographie) Ici, rappeler les phrases relevées dans le tableau des 5 sens pour nourrir les gestes.
  • L’utilisation de draps et objets de la valise (cf plan de travail pluridisciplinaire) peuvent ainsi constituer un excellent appui de jeu.

Ex : mettre en jeu à partir de la plume.

A. Expérimentations avec les draps

Établir un rapport sensible à l’objet, en s’appuyant sur la fonction poétique du langage.

a. En petits groupes de 3 ou 4, expérimenter de nouveaux déplacements avec le drap. Les élèves vont vite jouer sur les forces de tensions/souplesse. Cela devient une danse. On se laisse porter, on glisse au sol, on est tracté, on est emballés, déballés, pris en luge… Un accompagnement musical au rythme varié (percussions) serait très approprié.

b. Seul, lancer le tissu, regarder comment il tombe et tomber comme lui, mouvement fluide.
Idem à deux. Jouer avec le tissu comme s’il était un partenaire (technique de la marionnette)

c. Seul, entrer dans l’espace scénique, prendre un morceau de tissu, marcher, danser, jouer, détourner la fonction du drap, au top, après un signal ? le déposer, regarder le public ou un objet au loin (qu’on aura matérialisé) pendant 5 secondes et s’éloigner.
Sortir de l’espace scénique.
Pour le regard fixe, on pourra ajouter des adverbes du texte « secrètement, fixement, mystérieusement, en ayant peur »
Débattre en groupe de ce qui a été donné à voir. Confronter avec la perception du comédien.
Le même exercice peut-être réaliser en duo ou en chœur. On aidera en donnant des consignes fermées. Par exemple : entrer les uns derrière les autres. Un seul prend le drap les autres regardent. Le drap devra être plié à la chute, le drap devra être étendu au sol. Un enfant devra être emballé par le drap, etc…

d. Faire des tas de draps (comme chez Salvador où l’on dort parmi les tas de linges sales des gens bien), des montagnes de draps ou au contraire les étaler comme des tapis… jouer sur la construction / destruction et voir l’impact de ces dispositions sur les corps.

B. Expérimentations avec les objets

Détourner les objets de leur usage ordinaire.
Faire choisir un objet par binôme.

a. Observation de l’objet : forme, matière, qualité de mouvement ;

b. Trouver un mode de déplacement (ex. Une lampe de chevet peut se déplacer par le fil tel un serpent, ou en tournant comme une soucoupe volante par l’abat-jour) ;

c. Trouver un mode de communication (ex : la lampe peut parler en faisant cliqueter le bouton interrupteur) ;

d. Proposer des situations de rencontre de deux objets ;

Après avoir détourné l’objet, l’utiliser dans son usage contextuel avec respect et la délicatesse qu’aurait Salvador, reconnaissant la valeur des choses dans un pays pauvre. cf. DVD Marionnette et théâtre d’objet, SCEREN-CDNP.

IV. Environnement artistique de la pièce

A. Les influences

Dix mots pour se définir

Dans l’Itinéraire d’auteur (éditions de la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon) qui lui est consacré, Suzanne Lebeau répond à Joël Jouanneau sur son écriture. Extrait des pages 78-79 :

Joël Jouanneau – Est-ce que tu te livrerais à l’exercice que tu donnes à faire aux élèves auteurs ? C’est-à-dire les dix mots de ta biographie et de ton lien à l’écriture, du lien entre ton enfance, ta biographie et l’acte d’écrire.

Suzanne Lebeau – Le premier mot, le regard : devant, derrière, dans le jour et dans la nuit, le regard de l’autre et de l’horizon, le changement.

L’écoute : pour la confidence qui perce les murs et qui reste entre les murs.

La terre : parce qu’on y vit tous et parce qu’il ne faut jamais avoir peur de s’y asseoir pour regarder le monde du point de vue des plus petits.

Le temps : celui de l’écriture est celui qu’on n’a pas, il n’existe pas, il ne peut être rempli, il est là tout simplement quand on le prend. Il vibre, il respire, il échappe à l’horloge.

L’eau : le principe de la vie qui coule fluide, toujours en mouvement et qui donne et qui me donne, à moi, une des choses qui me semblent les plus précieuses, un silence incomparable, clair et sonore.

Le cahier : parce que je ne peux pas vivre sans cahier, vide, à moitié rempli. J’aime les pages à petits carreaux, blanches, lignées, j’aime le contact avec le papier, et plus que tout, avec le cahier.

Le matin : l’heure où tout est possible, où j’ai encore le pouvoir de changer le monde parce que je n’ai pas encore écouté les nouvelles et où je suis souvent, seule à faire des plats, pour que chacun mange à sa faim.

La table : un lieu magique où enfants et adultes se réunissent. Lieu de l’échange et de la solitude, j’ai passé tellement d’heures assise à une table, la moitié de ma vie. Pour manger, ce que j’aime le plus, pour écrire, ce que j’aime le plus. L’amour de la table me vient de mon enfance. Tout se passait à table.

Joël Jouanneau – Bon, il t’en reste deux. Et alors ?

Suzanne Lebeau – Alors je dirais délinquance et liberté, liberté dans ma manière de regarder et de comprendre le monde. Je voudrais, comme Picasso qui disait avoir mis quatre-vingts ans pour retrouver le trait libre et gratuit de la main de l’enfant, retrouver chaque jour un peu plus du regard neuf de l’enfant.

B. Les créations de Salvador

La mise en scène de Gervais Gaudreault (compagnie du Caroussel)

Pour obtenir des informations et des photographies de cette mise en scène, consulter les archives de la compagnie du Caroussel sur leur site.

La mise en scène de François Gérard (compagnie La Manivelle)

Les photos de la création

 

 

V. Annexes

A. Conte traditionnel chinois

Chance ou malchance ?

Un vieux fermier avait pour seule richesse un vieux cheval grâce auquel il labourait ses champs. Un jour le cheval s’enfuit vers les collines.

Ses voisins qui le prenaient en sympathie, lui dirent : «Quelle malchance ! » et lui, répondit : « Chance ou malchance, qui peut le dire ? ».

Une semaine plus tard, le cheval revint des collines avec un troupeau de chevaux sauvages, et les voisins félicitèrent le fermier pour sa bonne chance.

Il répondit encore :

« Chance ou malchance, qui peut le dire ? »

Puis, lorsque son fils, voulant dompter un des chevaux sauvages, fit une chute et se brisa la jambe, tout le monde pensa que c’était une grande malchance.

Le fermier, lui, se contenta de dire :

« Chance ou malchance, qui peut le dire ? »

Quelque semaines plus tard, des soldats de l’armée entrèrent dans le village, et mobilisèrent tous les jeunes gens valides pour partir en guerre.
Quand ils aperçurent le fils du fermier avec sa jambe cassée, ils le dispensèrent du service.

Était-ce de la chance ? de la malchance ? Qui peut le dire ?

Tout ce qui, à première vue, semble un mal peut, en fait, être un bien déguisé.

Et tout ce, qui à première vue, semble un bien, peut en réalité être un mal.

B. Analyse de la langue

La phrase

Ces titres qui peuvent être des phrases nominales, donc thématiques et généraux où l’on s’attend à une description de la vie quotidienne.

  • La vie de tous les jours (Souvenir 4) ;
  • Les dimanches de Benedicta (Souvenir 6) ;
  • Les préparatifs de Noël (Souvenir 13) ;

Le verbe

Ces titres peuvent être écrits avec des verbes d’action qui donnent vie aux personnages et suscitent la curiosité et le suspens :

  • Comment j’appris à lire (Souvenir 8) ;
  • J’entreprends le Voyage de ma vie (Souvenir 20 )…

Ou des verbes d’état qui semblent résumer une situation :

  • José devient un homme par la force des choses (Souvenir 11) ;
  • Je deviens écrivain public (Souvenir 17).

On remarquera qu’il n y a pas de hiérarchie, au regard des titres entre « Mes premières grandes questions » et « Benedicta découvre d’où vient l’argent de la boite fleurie ». L’un peut sembler philosophique et l’autre quotidien. Il sera intéressant de conduire les élèves à élaborer sur cette idée. Cette boîte aura-t-elle selon eux de l’importance pour l’histoire ?
On pourra inviter les élèves à chercher d’autres exemples.

Relever les temps utilisés : passé composé et passé simple jusqu’au Souvenir 8 et le présent jusqu’à la fin.
La rupture étant « Comment j’appris à lire » au Souvenir 8 marquant peut-être un tournant dans la vie de Salvador.

Les élèves déduiront que le narrateur est le héros qui raconte son enfance.

Les classes de mots, les pronoms, les noms propres

  • Relever les occurrences du « je », à partir du Souvenir 7. Quelle est l’implication émotionnelle du héros quand il dit « je »?
  • Questionner les élèves sur la différence entre « J’apprends que mon père ne reviendra pas » (Souvenir 15) et « José ne rentre pas » (Souvenir 16)
  • Relever le nom des personnages.

C. Mise en réseau / Bibliographie pour aller plus loin

L’autrice

  • Suzanne Lebeau, Itinéraire d’auteur, Collection de la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon
  • Ouvrage utilisé par l’auteur pendant ses ateliers : Le Passeur, de Lois Lowry, L’École des loisirs.

Réflexion philosophique

  • Le Bonheur et le Malheur, Les Gouters philo, Milan jeunesse
  • La Richesse et la Pauvreté, Les Gouters philo, Milan jeunesse

Romans cycle 2

  • Histoire d’un enfant cireur de chaussures au Guatemala : Le Plus Bel Endroit du monde, Ann Cameron, L’école des loisirs

Poésie

  • Dans Anthologie de la poésie française du XXe siècle, Gallimard, poème « Regarder l’enfance » d’Andrée Chédid

BD

  • Tintin et le temple du soleil, d’Hergé, Casterman
  • Le Pérou et les pays andins, les carnets de route de Tintin, Casterman

Étude sur le théâtre

  • À la découverte de cent et une pièces, de Marie Bernanoce, éditions Théâtrales
  • Dramaturgies de l’atelier-théâtre, de Bernard Grosjean, Lansman éditeur

Étude sur le conte

  • Psychanalyse des contes de fée, de Bruno Bettellheim

Revue

  • Hors série n°31 de la NRP Collège (Nouvelle Revue Pédagogique), Nathan, novembre 2007 . Ce numéro est consacré à Salvador avec une étude en séquence de l’œuvre et un groupement de textes sur le langage théâtral.

DVD

  • Marionnette et théâtre d’objet (Scéren, CRDP Lyon)

Cultures indiennes

D. Plan de travail pluridisciplinaire en cycle 3

Carnet de théâtre

On pourra proposer que chaque élève ait un petit carnet de théâtre pour les recherches personnelles : paroles, dessins. Nous pensons qu’il faudra guider les enfants à utiliser ce carnet comme un outil de mémoire, de ressentis et de mesure de progression (mes envies, mes attentes, mes réussites, ce que j’ai appris, ce que je sais faire etc…).

Valises

Il est possible de constituer des valises d’objets qui matérialisent le sens et qui restent dans la salle tout au long du projet :

  • une valise « théâtre » avec des pièces des éditions Théâtrales (cf. Découverte du livre / travail sur les couvertures), d’autres pièces de S Lebeau, pourquoi pas la version espagnole, des ouvrages de théâtre divers.
  • une valise « voyage » qui traduira l’évasion par le texte et l’immersion dans une autre culture avec des objets apportés par les élèves. Chaque objet sera l’occasion d’un débat/réflexion sur le sens du texte.
  • une valise « Salvador » avec des objets symboliques de son enfance avant le départ. A l’issue de la lecture complète de la pièce, on pourra s’interroger sur la différence entre cette valise constituée par la classe et celle de Salvador au Souvenir 20.

Cette comparaison entre les deux valises serait intéressante pour s’assurer de la bonne compréhension des élèves au fil du texte. Elle pourra ancrer une mémoire du sens collectif validé par le groupe. La médiation du sens par l’objet, outre l’investissement affectif, se fera par le toucher, la vue, l’odorat…

Ces objets seront utilisés pour les mises en jeu.

Français

Rédaction : les 10 mots de Suzanne Lebeau

À la manière de Suzanne Lebeau qui anime des ateliers avec des enfants soit pendant la rédaction de ses pièces de théâtre soit après les avoir terminées, il est possible de demander aux élèves de trouver 10 mots qui parlent de l’enfance. Ces dix mots vont permettre l’écriture:

Mini-écriture

Chacun peut écrire un petit texte sur ses rêves de petit enfant ou actuels, les a t-il réalisé? Comment s’y prendre pour les réaliser? Comment écouter ses rêves ?
Types de textes
Il nous parait important d’avoir repris avec les élèves les notions de types de texte. Avoir clarifié le vocabulaire : « chapitres », « sommaire », « index », « pagination », « titres ».

Éducation civique et géographie

  • analphabétisme et illettrisme
  • Comment préparer un voyage ?

Proposer de réfléchir à un voyage en Amérique du Sud ou au Pérou :

  • Quelle politique ? Quelles lois intérieures ? Quelle histoire ? Quelles religions et croyances ? Quelles cultures, us et coutumes ? Quels modes de vie (comment s’habiller…) Quelle géographie et quels climats ? Quelles faunes et flores ? Quelle monnaie ? Quelle langue ? Quelle zone endémique ? Quels vaccins ? Comment s’y rendre ? transports, bus, avion, bateau ? Quotidien : Que mange-t-on ? Où dormir ? Quel budget ?

Arts visuels

  • dessiner des expressions ou métaphores du texte par ex. « Soulever les montagnes… »
  • observation de tissus / alpaga
  • visiter le musée du quai Branly (pour les Parisiens…)

Langues vivantes

Écoute de textes ou chansons en espagnol.

E. Plan de séquence en collège

Découverte de l’œuvre

Lecture à haute voix de l’œuvre.

Compréhension du type de texte

Bien comprendre les différences entre roman, texte théâtral et conte dans la construction même si les thèmes peuvent se ressembler.
Quel est le lexique du théâtre ?

Analyse de la langue dans les titres de la table des matières

Voir Annexes.

Étude du souvenir 17

Je deviens écrivain public.

Comme le montre S. Lebeau, l’écriture permet de communiquer dans tous les domaines, lettres d’amour, lettres d’affaires et lettres pour les morts.
C’est une chance pour Salvador de pouvoir s’exprimer par rapport à sa mère analphabète.

Débat

Argumentation autour des questions existentielles de Suzanne Lebeau, (p.75, Itinéraire d’auteur) Qu’est ce que je vais faire quand je vais être grand ?
Est ce que je vais réussir ma vie? Qu’est ce que veut dire réussir sa vie ?

Mise en jeu des Souvenirs 4, 7, 12, 17, 19

Ces différentes scènes permettront de réinvestir nos idées de recherche énoncées plus haut dans ce carnet. Il serait bien de mettre également en évidence que Bianca Albacarra est une bienfaitrice qui donne de l’argent pour les études. Ce travail pourra être fait autour des rencontres. Rencontres de personnages et de comédiens. Puis le travail peut se faire autour du départ physique et psychologique, grandir en quittant sa mère. Nous mettrons l’accent, au collège, sur le rôle du spectateur actif, bienveillant, qui observe, enrichit par ses critiques. L’idée est de favoriser les échanges et développer l’énergie. Ne pas hésiter à travailler en chœurs et à distribuer les rôles de filles aux garçons et réciproquement. Les thèmes importants de l’émancipation sont comment grandir en quittant sa mère, comment choisir un nouveau cercle d’amis.

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