D. Découvrir, écouter et accepter la différence
Sticky monte illégalement dans l’arche pour un voyage éprouvant. Il traverse une véritable crise, interrogeant même son identité profonde et comment échapper à ce que la Nature – encore elle – a planifié pour son espèce.
S’appuyant sur ce premier constat sur le personnage, l’enseignant·e pourra ouvrir une discussion avec les élèves sur la figure du « clandestin » (p. 47) ou du réfugié. En s’appuyant sur des recherches pouvant être faites à la maison ou à l’école, les élèves seront invité·es à réfléchir au lien entre catastrophe climatique et exil, en réfléchissant à la problématique suivante : comment le dérèglement climatique peut-il influencer le déplacement des populations de manière illégale ? L’enseignant·e pourra réfléchir au sujet en se mettant en lien avec un·e professeur·e d’histoire et/ou de géographie pour envisager la question avec une inscription dans le temps et l’espace.
Dans des perspectives de réflexion citoyenne, une discussion pourra être ouverte sur la question des migrant·es et la parole pourra même être donnée, si cela est possible, à des associations d’aide aux migrant·es.
L’illégalité de Sticky dans la pièce est liée à deux choses, le trouble de son genre et sa situation maritale inexistante :
« STICKY.- (fait oui de la tête) Oui… c’est ça, c’est exactement ça, je ne sais plus qui je suis… parce que je… je ne suis pas comme vous tous ici, pas comme tous les couples, un mâle et une femelle, un garçon et une fille, un mari et une femme, un père et une mère, un papi et une mamie, un tonton et une tata, un monsieur Jacquot et une madame Jacquette… Moi, je suis Sticky de l’espèce des phasmes bâtons, alors je ne sais pas si je suis un ou une… mais ce que je sais, c’est que je suis célibataire. (Il pleure de plus belle) Alors ils veulent me jeter à la mer sous prétexte que je suis hors la loi ! »
(p. 41)
En s’appuyant sur cette réplique, à mettre en lien à la fois avec la question de la clandestinité, et de façon plus générale avec la société, l’enseignant·e proposera à la classe de dresser une liste de tout ce qui peut mettre quelqu’un·e au ban de la société. La présence d’un·e professeur·e d’enseignement civique et morale pourra inscrire l’échange dans une perspective de réflexion sur la citoyenneté.
Au fur et à mesure de sa course poursuite dans l’arche, Sticky va rencontrer plusieurs binômes d’animaux qui vont chacun lui montrer une variation du modèle de couple « illégal »… mais valide quand il s’agit de sentiments ou de bien-être de chacun·e :
- Tortueux et Tortueuse, les deux tortues très âgé·es qui manquent de louper le départ du bateau comme laissé·es de côté par le monde à cause de leur grand âge, et que Sticky va aider à embarquer (tableau 4) ;
- Ziggy et Ody, les cygnes noirs, séparés, qui ont fait passer le bien-être de leurs enfants en premier, en conservant notamment une relation apaisée entre elleux (tableau 6) ;
- Boogy et Booga, les guenons lesbiennes qui élèvent dans la joie une famille nombreuse (tableau 8) ;
- Kanji et Jasmine, le kangourou et la moufette, représentant le couple inter-espèces, déterminé à ne pas faire d’enfants à l’aune de la situation générale du monde (tableau 10).
L’enseignant·e proposera aux élèves de faire des liens entre les modèles représentés et leur existence dans la réalité. Il s’agira là aussi de sensibiliser au large éventail des possibilités relationnelles et de ce qu’elles ont de positif. Pour se faire, on pourra s’appuyer tout simplement sur la manière dont chaque binôme présente les avantages de leur choix.
Dans un contexte général de forte sensibilisation aux questions d’inclusivité, intégrant aussi bien l’anti-racisme, que la lutte contre les violences de genre, la reconnaissance des identités LGBTQIA+ ou le handicap, les élèves proposeront un résumé de la pièce en imaginant comment Sticky peut incarner les différentes formes d’identités minorisées qui contribuent à un monde complet et complexe, où même un petit phasme fait toute la différence.

