A. Donner un corps aux animaux

On a donné une voix aux animaux-personnages : l’étape suivante, dans une première approche du jeu, pourrait être de fabriquer un corps à ces animaux en s’appuyant sur le travail déjà effectué sur le texte (notamment les fiches zoologiques) et sur la mise en voix. 

Dans un premier temps, l’enseignant·e divisera la classe en deux groupes : l’un qui agit, l’autre qui observe. Il peut être intéressant que chaque témoin se concentre sur une des personnes en action.

Dans une salle avec de l’espace, les élèves seront invité·es à marcher de façon la plus neutre possible. Puis l’enseignant·e leur indiquera un certain nombre de paramètres physiques qui modifieront la démarche (variations de vitesse, de pesanteur, d’adhésion au sol) mais aussi des changements d’états (urgence, détente, peur, recherche). 

Les élèves choisiront ensuite l’un des animaux pour le faire apparaître dans leur corps. L’enseignant·e laissera quelques minutes à l’élève pour atteindre un résultat satisfaisant et pour que le témoin puisse se faire une idée précise de l’animal. Au signal de fin, chaque témoin pourra essayer de deviner quel animal a été choisi par la personne qu’iel observait. Puis on inverse les groupes. 

L’étape suivante de cette incarnation des personnages peut se faire comme suit : chaque élève choisit une réplique de l’animal de son choix à retenir rapidement. L’enseignant·e installe une espace de jeu simple en délimitant clairement le plateau et en y installant un repère central.

Puis, chacun·e leur tour, les élèves font une entrée sur cette scène et vont se placer sur le marqueur central d’où iels diront leur réplique en ajoutant donc au corps de l’animal la voix déjà abordée, avant de sortir de scène. Ce jeu permettra aussi à l’enseignant·e de bien rappeler aux élèves quand commence quand finit le jeu : dès qu’on entre sur scène, on est l’animal-personnage, que l’on ne quitte qu’une fois sorti de scène. Ce sera aussi l’occasion de travailler sur l’adresse au public : comment s’oriente-t-on sur cet espace scénique ? À qui parle-t-on ? 

La classe sera bien évidemment encouragée à faire des retours pour chaque passage d’élève. Il ne s’agira cependant pas ici de dénigrer la proposition de chacun·e sur son animal, mais plutôt de permettre la clarification de celle-ci : comment je me fais comprendre dès l’entrée en scène, comment la voix complète le corps, comment je peux tenir tout le long de mon passage sur scène sans décrocher, comment je suis attentif aux détails qui pourraient m’échapper, etc.

L’enseignant·e pourra ensuite proposer la mise en jeu de quelques scènes pour que les corps et les voix des animaux-personnages soient mobilisés avec un enjeu dramatique induit par les scènes. Si on veut éviter de faire apprendre des textes par cœur, il sera aussi possible et intéressant de proposer aux élèves d’improviser à partir des scènes de la pièce en se concentrant sur l’incarnation des personnages. Pour se faire, on prendra le temps de bien lire la ou les scènes choisies, puis de proposer aux élèves volontaires de les jouer de mémoire en gardant en tête la trajectoire générale du texte. Là encore, les élèves-spectateur·rices auront pour objectif de garder un œil sur la bonne tenue de route de la scène mais aussi de l’incarnation des personnages. 

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