éditions Théâtrales Jeunesse

La Petite Danube

de Jean-Pierre Cannet

Carnet artistique et pédagogique

On redonnera à tous les découpages du texte d’Anna ; on rappellera les choix faits à la suite des recherches.
On essaiera de rassembler les groupes de recherches en deux ou trois grands groupes, de manière à pouvoir enchaîner par tiers ou moitié de texte. Le chœur d’Anna se verra grossi (7 ou 8 filles et garçons).

On déterminera d’abord dans un espace délimité au sol, les placements du chœur d’Anna, du Père et de la Mère, de L’Interprète, qui ne changeront pas au cours de la séquence. Le choix sera déterminé par ce qui a été dit de la prédominance du récit, du statut des autres personnages et par la nécessité ou non que les personnages s’adressent l’un à l’autre, étant entendu que dans cette mise en voix et non en espace, tous les lecteurs seront face public et présents dès le début de leur partie.
On aura soin de faire que les autres personnages se détachent du chœur d’Anna.

On prévoira qu’au moment d’une présentation publique éventuelle, les élèves en attente de lecture seront assis de chaque côté de l’espace scénique (ou en fond de scène ?)

Vu le nombre important d’élèves, il faut que les lecteurs se détachent pour que le spectateur se concentre sur eux. Cette installation sera matérialisée dès maintenant par des chaises vides.
Lorsque l’ensemble aura été mis en voix, on accordera autant d’attention à la répétition des échanges de lecteurs à assistants qu’à la qualité de la lecture. Ceux-ci devront se faire dans une sorte de fondu enchaîné qui maintienne la tension.
Une mise en voix publique réclame l’installation d’un certain cérémonial.

Les deux consignes essentielles

  • d’abord et avant tout, faire chanter la langue par le respect de la ponctuation, la lecture des mots dans leur matérialité, de la phrase dans son rythme. Avant d’interpréter, il faut jouer les notes. Pour faire comprendre cela, on pourrait, à titre d’exemple, travailler la lecture des premières répliques d’Anna p. 29 et p. 30, dont l’écriture est très différente. On s’apercevra qu’il n’est pas nécessaire de passer a priori par le psychologique ou de « mettre le ton », comme disent les élèves.
  • indispensable : adresser le texte aux spectateurs (technique à acquérir ô combien importante à travailler pour l’oral du bac, pour les exposés dans le cadre scolaire ou professionnel et tout simplement dans l’échange avec les autres). On pourra exercer les élèves à cette technique par des exercices spécifiques, tout en sachant que l’adresse n’est pas seulement une technique, elle est la volonté de communiquer un propos. Chercher l’engagement de ces jeunes dans l’expression d’une mémoire douloureuse et d’une indignation sera aussi important.

Quelques questions à résoudre

  • s’interroger sur la figuration ou non d’Arthur-chemise ; sur la présence symbolique et muette, dès le début, d’Arthur-homme ou son entrée quand il apparaît à Anna.
  • déterminer si la voix peut suffire à distinguer Anna enfant et Anna jeune adulte ou si au moment de la scène avec l’interprète, une Anna (cette fois fille) devra se détacher du chœur ; étant entendu que ce serait un contresens par rapport au texte que de distinguer totalement la narratrice de son personnage.

Les lignes directrices du travail

Ceux qui sont en regard (professeur et élèves) auront en tête ces points à mettre en évidence, à donner à voir à l’imagination des auditeurs :

  • l’expressionnisme fantastique du paysage et de l’apparition du déporté (yeux, main, image de tous les déportés)
  • l’atmosphère menaçante, la peur mais aussi cette embellie, ce temps suspendu de la rencontre d’Anna et Arthur.

Il faudrait veiller à ne pas exprimer le début avant la fin, à ne pas noyer la lecture sous une seule tonalité dramatique. Il y a de l’innocence, de l’ironie, de la ruse, du paisible, aussi : « Écrire une violence, mais pour la paix qui a saveur d’eau pure. »