éditions Théâtrales Jeunesse

Souliers de sable

de Suzanne Lebeau

Carnet artistique et pédagogique


Œuvre de référence sélectionnée en 2007 et 2013 par l’Éducation nationale pour le cycle 2 du primaire et pour la liste de « Lectures pour les collégiens » 2013.

Carnet pédagogique rédigé par Sylvie Audin-Rey, conseillère pédagogique (94). Recherches documentaires : Marie Anglade.

Élise et Léo, repliés sur eux-mêmes dans leur petit intérieur douillet, sont effrayés par l’extérieur. Mais des souliers intenables les entraînent dans une folle aventure : Le Grand Livre du dehors sous le bras, Élise part à la poursuite de Léo. Au fil de leur escapade, le monde s’ouvre à eux et dévoile ses trésors.

Suzanne Lebeau s’adresse avec malice aux petits pour révéler ce qui se cache derrière leurs peurs. Elle permet aux plus grands d’interroger la place des enfants dans un monde obsédé par la sécurité.

L’auteur

Suzanne Lebeau est née en 1948, au Québec. Après des études de lettres et de pédagogie, elle devient comédienne. En 1975, elle fonde, avec le metteur en scène Gervais Gaudreault, Le Carrousel, une compagnie de théâtre pour la jeunesse pour laquelle elle écrit son premier texte en 1979. Depuis, plus de vingt pièces sont parues, toutes destinées à la jeunesse, dont certaines sont traduites dans plusieurs langues. Les éditions Théâtrales ont publié 10 textes de Suzanne Lebeau. Le Centre national des écritures du spectacle lui a consacré une monographie dans la collection « Itinéraire d’auteur » en 2002.

Extrait de l’article d’Annie Quenet, « Suzanne Lebeau, l’humaine humanité », revue Griffon, mai-juin 2009.
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Crédit photo : François-Xavier Gaudreault

Suzanne Lebeau est une conteuse d’histoire, conteuse dont on entend la voix derrière les mots. Des mots à la fois simples et riches, sonores et sensuels. La vie vibre sous sa phrase. Suzanne Lebeau revendique de parler aux enfants : des beautés de la vie, de l’amour entre les êtres et des cruautés du monde, des hommes, parfois. Quand on demande à Suzanne Lebeau qui dit aimer le récit, pourquoi elle n’écrit pas de romans, elle répond : « le théâtre est le seul art où l’on part de l’intime puis qui s’ouvre comme un entonnoir. L’intime rejoint un groupe qui s’en empare, ce groupe s’élargit à l’espace social du public et là il rejoint le plus intime du spectateur. Le roman va direct de l’intime à l’intime, le théâtre passe par un espace social et c’est ce que j’aime dans le théâtre. »

Suzanne Lebeau n’hésite pas à formuler, même en direction des tout-petits (Une lune entre deux maisons, éditions Théâtrales, 2006) les questions les plus difficiles à aborder, qu’elles soient la résultante d’un contexte traumatique ou renvoient à la difficulté de cheminer dans l’existence. Son écriture est reconnaissable à quelques caractéristiques révélées par Marie Bernanoce dans À la découverte de cent et une pièces (éditions Théâtrales-CRDP de l’académie de Grenoble, 2006) : des « fables simples mais non simplistes », un « goût pour le jeu dans le jeu, avec effets de récit », une « langue claire et accessible mais non dénuée de poésie, du fait de son ancrage dans l’imaginaire enfantin ».

Son travail d’écriture repose sur un effort incessant de rencontres, d’échanges, d’accumulations de documents et d’informations qu’elle consigne dans divers cahiers de notes qui deviennent sa « nourriture ». Une « digestion » est alors nécessaire afin d’oublier le travail de recherche. Puis, « faire le vide » pour « laisser jaillir l’inconscient ou la mémoire qui s’est déposée en elle ». Ainsi, « laisser surgir l’écriture du silence » (Suzanne Lebeau, Itinéraire d’auteur, p. 51).

D’après Yvon Perrier, coordinateur des communications au sein du Carrousel.

Le texte

Sa formation en pédagogie conduit Suzanne Lebeau à se poser beaucoup de questions sur l’enfance et à aborder, même avec de très jeunes enfants, des thèmes parfois graves qui leur parlent de la vie, de leur vie, sans mièvrerie (Salvador : le quart-monde, la pauvreté la mort, Le bruit des os qui craquent : les enfants soldats, Frontière Nord : le clivage Nord / Sud, L’Ogrelet : le côté sombre de chacun…)

Le travail d’écriture de Souliers de sable, nourri de rencontres avec de jeunes enfants, de souvenirs de sa propre enfance est empreint de simplicité, de poésie. La musicalité du texte est particulièrement adaptée à une mise voix en classe, la limpidité de la langue permet d’aborder ces textes avec de jeunes enfants (cycle 2 et 3, collège).
Suzanne Lebeau a écrit Souliers de sable (paru en 2006) après avoir observé des tout-petits dans une garderie. En étudiant leurs comportements, elle s’est interrogée sur les conditions surprotégées dans lesquelles vivent les enfants à l’heure actuelle par rapport à la liberté dont elle a bénéficié enfant.